Chien golden retriever avec une brosse — chute de poils et mue canine

🐾 Mon chien perd ses poils — mue ou maladie ?

Des poils partout dans la maison ou des plaques chauves qui apparaissent ? Le guide complet pour distinguer une mue normale d'une alopécie pathologique et identifier la cause.

2×/an
mue saisonnière normale
9 pistes
médicales détaillées
Zones
clés pour orienter
📌 La première question à se poser : diffuse ou en plaques ? Une chute diffuse et symétrique sur tout le corps, avec une peau saine dessous, oriente vers une mue ou une cause hormonale. Une chute en plaques, asymétrique, avec rougeurs, croûtes ou grattage, oriente vers une cause parasitaire, infectieuse ou allergique. Dans les deux cas, cet article vous aide à préparer la consultation : il ne remplace ni l'examen ni le diagnostic de votre vétérinaire.
Golden retriever dont on brosse le sous-poil pendant la mue

La mue physiologique : comment fonctionne le pelage du chien

Le poil du chien n'est pas une structure permanente. Chaque follicule suit un cycle en trois temps : une phase de croissance active (anagène), une phase de transition courte (catagène), puis une phase de repos (télogène) au terme de laquelle le poil mort est expulsé par le poil neuf qui pousse en dessous. Ce cycle tourne en continu, follicule par follicule : c'est pour cela qu'un chien en parfaite santé laisse toujours quelques poils sur le canapé.

Ce qui varie, c'est la synchronisation de ces cycles. Chez les races à double pelage, la lumière du jour et la température synchronisent une grande partie des follicules, ce qui produit deux mues marquées : au printemps, le chien évacue le sous-poil dense de l'hiver ; à l'automne, il remplace le poil d'été par une couche isolante. Chez les races à poil long à simple couche, la mue est beaucoup plus étalée et donc moins spectaculaire.

Double pelage, simple pelage : deux mécaniques différentes

Le double pelage associe un poil de couverture, plus rigide et imperméabilisant, à un sous-poil laineux très dense qui assure l'isolation thermique. C'est la structure du Husky sibérien, du Malamute d'Alaska, du Samoyède, du Berger allemand, du Bouvier bernois ou du Golden Retriever. Ces chiens perdent leurs poils par touffes entières, ce qui inquiète souvent à tort les propriétaires débutants.

Le simple pelage, lui, n'a pas de sous-poil laineux. Chez le Caniche, le Bichon frisé ou le Maltais, le poil pousse presque en continu : il tombe très peu mais s'allonge indéfiniment, ce qui rend le toilettage obligatoire. On les qualifie souvent d'hypoallergéniques, ce qui est un abus de langage : ils libèrent moins de poils et donc moins d'allergènes, mais ils n'en sont pas dépourvus.

💨 Muent beaucoup

Husky, Malamute, Samoyède, Berger allemand, Malinois, Golden Retriever, Labrador, Bouvier bernois, Border Collie, Chow-Chow, Akita, Corgi

🌿 Muent peu ou pas

Caniche, Bichon frisé, Maltais, Shih Tzu, Yorkshire Terrier, Schnauzer, Bedlington Terrier, Lagotto Romagnolo, Westie

Quand la perte de poils devient anormale

Une mue est un renouvellement : le poil tombe, mais un autre repousse. Une alopécie, au contraire, est une absence de repousse. C'est le critère le plus fiable dont vous disposez à la maison. Écartez les poils avec les doigts et observez la peau : si vous voyez de courts poils neufs en train de sortir, le follicule fonctionne. Si la peau est nue, lisse et brillante, le follicule est en souffrance.

Quatre caractéristiques doivent faire pencher vers une cause médicale plutôt que vers une mue.

  • La localisation. Une chute nettement circonscrite (une plaque, un contour d'œil, le dessus du nez, la base de la queue) n'est jamais une mue.
  • La symétrie parfaite. Une alopécie strictement identique des deux côtés du corps, sur les flancs, sans grattage, évoque fortement une cause hormonale.
  • Le grattage. Un chien qui se gratte, se mordille ou se lèche jusqu'à se dégarnir souffre d'un prurit qu'il faut faire évaluer. Nous détaillons ce symptôme dans notre guide dédié au chien qui se gratte.
  • L'état de la peau. Rougeur, croûtes, pellicules épaisses, boutons, odeur forte, peau qui s'épaissit ou qui devient au contraire fine et translucide : la peau parle autant que le poil.
🚨 Appelez votre vétérinaire sans attendre le lendemain si vous observez :
  • Une chute de poils très rapide, sur de larges surfaces, en quelques jours
  • Une peau suintante, ulcérée, très rouge ou malodorante, ou des plaies creusées par le grattage
  • Un grattage incessant qui empêche le chien de dormir ou de se poser
  • Une chute de poils associée à un abattement, une fièvre, un refus de manger ou des vomissements
  • Une chute de poils associée à une soif et des urines très augmentées — voir notre guide sur le chien qui boit beaucoup
  • Des lésions qui apparaissent aussi sur la peau des humains du foyer ou des autres animaux : la teigne est une zoonose
En dehors de ces situations, une chute de poils anormale mais avec un chien en bon état général se gère par une consultation programmée dans la semaine.

Les causes non pathologiques qui accentuent la chute

Avant d'envisager une maladie, plusieurs situations parfaitement banales augmentent temporairement la perte de poils. Elles se reconnaissent à un point commun : la peau reste saine et le poil repousse.

Le rythme de vie en intérieur. Un chien qui vit dans un logement chauffé et éclairé artificiellement perd les repères de photopériode qui déclenchent la mue. Résultat : au lieu de deux mues franches, il perd ses poils de façon modérée toute l'année. C'est désagréable pour le ménage, mais ce n'est pas pathologique.

Le stress et les changements d'environnement. Un déménagement, l'arrivée d'un bébé, une hospitalisation, un changement de garde : les périodes de tension s'accompagnent souvent d'une chute diffuse dans les semaines qui suivent. Le mécanisme est hormonal et réversible. Si votre chien présente par ailleurs des signes d'anxiété marqués, notre dossier sur le chien anxieux détaille la prise en charge.

La gestation et la lactation. Une chienne qui allaite mobilise énormément de protéines et de minéraux pour la production de lait. Une chute de poils importante en fin de lactation est classique et se corrige spontanément une fois les chiots sevrés, à condition que la ration soit adaptée.

Une alimentation insuffisante en qualité. Le poil est constitué à plus de 90 % de protéines. Une ration pauvre en protéines animales digestibles, ou une ration ménagère mal équilibrée, produit un poil terne, cassant, qui tombe plus facilement. Ce n'est pas une maladie, mais cela se corrige.

Une convalescence. Après une forte fièvre, une anesthésie longue ou une maladie sévère, de nombreux follicules basculent simultanément en phase de repos et lâchent leur poil quelques semaines plus tard. La repousse suit.

Les causes médicales de chute de poils

Voici les neuf pistes que votre vétérinaire va explorer, avec les zones typiquement touchées. Ces descriptions servent à comprendre et à mieux dialoguer en consultation : elles ne permettent pas de poser un diagnostic à distance, car plusieurs de ces affections se ressemblent beaucoup à l'œil nu et peuvent d'ailleurs coexister.

🦟
Parasites externes : puces et DAPP

Zones : Bas du dos, base de la queue, face interne des cuisses

La dermatite par allergie aux piqûres de puces reste la première cause de chute de poils avec grattage. Chez un chien sensibilisé, quelques piqûres suffisent à déclencher une réaction violente : le chien se mordille le bas du dos et s'arrache les poils. On ne voit pas toujours les puces, mais on trouve souvent des déjections noires à la base du poil.

Conduite à tenir : Consultation programmée et remise à niveau du protocole antiparasitaire de tous les animaux du foyer, ainsi que de l'environnement. Voir notre guide sur les tiques et puces.

🌿
Dermatite atopique et allergies alimentaires

Zones : Contours des yeux et de la bouche, oreilles, aisselles, ventre, espaces entre les doigts

La dermatite atopique est une prédisposition génétique à réagir à des allergènes de l'environnement (acariens, pollens, moisissures). Elle démarre souvent avant trois ans, se manifeste par un prurit avec léchage des pattes et des otites à répétition, et évolue par poussées. Les allergies alimentaires donnent un tableau proche mais sans caractère saisonnier.

Conduite à tenir : Consultation dermatologique. Le diagnostic repose sur un faisceau d'arguments et, pour l'alimentaire, sur un régime d'éviction strict conduit sous supervision vétérinaire. Les otites associées sont détaillées dans notre page otite du chien.

🦠
Démodécie (acarien Demodex)

Zones : Autour des yeux, museau, pattes avant, puis généralisée dans les formes sévères

Le Demodex vit naturellement dans les follicules de tous les chiens. Il ne devient problématique que lorsque l'immunité locale est défaillante, typiquement chez le chiot ou le chien immunodéprimé. Cela donne des plaques d'alopécie arrondies, peu ou pas prurigineuses au départ, avec une peau grisâtre et squameuse.

Conduite à tenir : Consultation dans la semaine. Le diagnostic se fait par raclage cutané profond. La forme généralisée demande un suivi long et une recherche de maladie sous-jacente.

🍄
Teigne (dermatophytose)

Zones : Plaques rondes à bords nets, n'importe où, souvent tête et pattes

Infection du poil par un champignon microscopique. Les plaques sont circulaires, légèrement squameuses, avec des poils cassés court. C'est une zoonose : les humains du foyer, en particulier les enfants, peuvent développer des lésions annulaires. Plus fréquente chez le chiot et après contact avec un chat ou des animaux de ferme.

Conduite à tenir : Consultation rapide, d'autant plus si des lésions apparaissent sur la peau des personnes du foyer. Diagnostic par examen à la lampe de Wood, trichogramme et culture fongique. Traitement de l'animal et de l'environnement.

🧫
Pyodermite bactérienne

Zones : Tronc, plis cutanés, dos ; plaques avec collerettes de desquamation

Infection bactérienne de la peau, presque toujours secondaire à autre chose : allergie, parasite, trouble hormonal, humidité chronique d'un pli. On observe des boutons, des croûtes, des zones dégarnies bordées d'un liseré de peau qui pèle, et souvent une odeur caractéristique.

Conduite à tenir : Consultation vétérinaire. Traiter l'infection sans chercher la cause qui l'a permise conduit presque toujours à la récidive.

🧬
Hypothyroïdie

Zones : Symétrique : flancs, dos, queue qui se dégarnit (aspect dit de queue de rat)

Production insuffisante d'hormones thyroïdiennes. Le poil devient terne et cassant, tombe sans que le chien se gratte, et ne repousse pas. Le tableau associe fréquemment une prise de poids sans changement de ration, une baisse d'entrain, une frilosité nouvelle et parfois un épaississement de la peau. Concerne surtout les chiens d'âge moyen.

Conduite à tenir : Consultation programmée avec bilan sanguin thyroïdien. Le traitement est un traitement de fond à vie, dont la dose est ajustée par contrôles sanguins réguliers : il ne s'improvise pas.

🧠
Syndrome de Cushing (hyperadrénocorticisme)

Zones : Symétrique sur les flancs ; peau fine, parfois translucide, avec des comédons

Excès chronique de cortisol. L'alopécie est bilatérale, non prurigineuse, la peau s'amincit et cicatrise mal. Le signe qui doit alerter est l'association avec une soif et des urines nettement augmentées, un appétit vorace, un ventre qui s'arrondit et une fonte musculaire des membres postérieurs.

Conduite à tenir : Consultation dans la semaine, plus rapidement si l'état général se dégrade. Diagnostic par tests hormonaux dynamiques et imagerie. Traitement médical au long cours sous surveillance stricte.

⚖️
Autres déséquilibres hormonaux

Zones : Symétrique, flancs et région périnéale

Certaines tumeurs des ovaires ou des testicules, et plus rarement des troubles de la production d'hormones sexuelles, provoquent une alopécie symétrique. Chez le mâle, un testicule augmenté de volume ou une gynécomastie sont des indices. La stérilisation fait partie des solutions dans certains de ces cas précis, jamais en automédication : voir notre page sur la stérilisation du chien.

Conduite à tenir : Consultation programmée avec examen des organes génitaux, échographie abdominale et dosages hormonaux.

🎨
Alopécies héréditaires et alopécie des robes diluées

Zones : Uniquement les zones de robe diluée (bleu, isabelle, fauve délavé)

Chez certains chiens à robe génétiquement diluée, les granules de pigment fragilisent la tige du poil, qui casse et ne se renouvelle pas correctement. Les zones concernées se dégarnissent progressivement à partir de l'âge de six mois à trois ans, tandis que les zones de couleur pleine restent normales. On classe dans cette famille d'autres alopécies héréditaires comme l'alopécie des flancs, qui évolue par cycles saisonniers.

Conduite à tenir : Consultation pour confirmer et surtout écarter les causes traitables. Il n'existe pas de traitement curatif : la prise en charge est un accompagnement de la peau, qui reste plus fragile et plus sensible au soleil.

✂️
Alopécie post-tonte

Zones : Strictement la zone tondue, souvent les flancs

Chez les races nordiques à double pelage, une tonte peut être suivie d'une repousse très lente, incomplète, ou d'une texture différente pendant plusieurs mois. Le mécanisme n'est pas complètement élucidé. Dans la majorité des cas, le pelage finit par se reconstituer.

Conduite à tenir : Aucun geste particulier hormis la protection solaire de la zone et la patience. En revanche, cela suffit à justifier de ne pas tondre ces races par confort esthétique.

Tableau récapitulatif : cause, signes associés, conduite à tenir

Piste Aspect de la chute Signes associés typiques Conduite à tenir
Mue saisonnière Diffuse, par touffes, avec repousse visible Aucun ; peau saine, chien en pleine forme Surveillance à la maison
Puces / DAPP Bas du dos et base de la queue, poils cassés Grattage intense, déjections noires dans le poil Consultation dans la semaine
Dermatite atopique / allergie Yeux, babines, pattes, ventre Léchage des pattes, otites récidivantes, poussées Consultation dans la semaine
Démodécie Plaques arrondies, peu prurigineuses Peau grisâtre, squames ; souvent jeune chien Consultation dans la semaine
Teigne Plaques circulaires à bords nets Squames, poils cassés court, lésions chez l'humain Consultation rapide (zoonose)
Pyodermite Zones dégarnies bordées de peau qui pèle Boutons, croûtes, odeur forte, douleur Consultation dans la semaine
Hypothyroïdie Symétrique, flancs et queue, sans grattage Prise de poids, léthargie, frilosité Consultation programmée + bilan sanguin
Syndrome de Cushing Symétrique sur les flancs, peau fine Soif et urines augmentées, ventre arrondi, fonte musculaire Consultation rapide
Robe diluée / héréditaire Uniquement les zones de robe claire, progressive Aucun signe général ; peau fragile au soleil Consultation de confirmation
Post-tonte Zone tondue, absence de repousse Aucun ; race nordique tondue récemment Patience + protection solaire

Ce que le vétérinaire va chercher en consultation

Une consultation de dermatologie canine est très méthodique, et savoir à quoi s'attendre évite l'impression de subir des examens en série. Le praticien commence par une anamnèse détaillée : âge d'apparition, saisonnalité, présence de grattage, autres animaux et humains atteints, protocole antiparasitaire réellement appliqué, alimentation, traitements en cours. Préparez ces réponses, elles orientent la moitié du diagnostic.

Viennent ensuite les examens complémentaires, choisis selon les hypothèses.

  • Le raclage cutané : on prélève superficiellement de la peau pour rechercher au microscope les acariens responsables de la démodécie ou de la gale.
  • Le trichogramme : quelques poils sont arrachés et examinés au microscope. Il indique si les poils sont cassés (donc arrachés par le chien lui-même ou fragilisés) ou tombés spontanément avec leur bulbe, et à quelle phase du cycle ils se trouvent.
  • Le calque cutané et la cytologie : pour identifier bactéries et levures et adapter le traitement.
  • La lampe de Wood et la culture fongique : pour confirmer ou écarter une teigne, avec un délai de plusieurs jours à quelques semaines pour la culture.
  • Le bilan sanguin avec dosage des hormones thyroïdiennes, et les tests dynamiques du cortisol si un Cushing est suspecté.
  • La biopsie cutanée : réservée aux cas atypiques ou résistants, elle permet un diagnostic histologique précis.
💡 Le réflexe utile avant la consultation Photographiez les zones atteintes toutes les semaines, avec le même cadrage et la même lumière. Une dermatose évolue lentement et la mémoire est mauvaise juge : ces photos permettent de dire objectivement si la situation s'aggrave, se stabilise ou s'améliore. Notez aussi les dates exactes des derniers traitements antiparasitaires. Le vocabulaire technique vous échappe ? Notre lexique canin reprend les termes les plus courants.

Entretien et brossage selon le type de pelage

Le brossage est le seul levier vraiment efficace contre les poils dans la maison, et c'est aussi un excellent outil de dépistage : c'est en brossant que l'on repère une plaque, une croûte ou une tique avant qu'elle ne pose problème. La fréquence et l'outil dépendent entièrement de la structure du poil.

Type de pelage Exemples de races Fréquence Outils adaptés
Double pelage dense Husky, Malamute, Samoyède, Bouvier bernois 2 à 3 fois par semaine, quotidien en mue Râteau à sous-poil, carde, souffleur
Poil court et dru Labrador, Beagle, Boxer, Rottweiler 1 à 2 fois par semaine Brosse en caoutchouc, gant de toilettage
Poil long soyeux Golden Retriever, Setter, Épagneul, Sheltie Tous les 2 jours Brosse à picots, peigne métallique fin
Poil frisé ou laineux Caniche, Bichon, Lagotto Quotidien + toilettage professionnel régulier Carde souple, peigne, ciseaux de toiletteur
Poil dur Schnauzer, Fox-terrier, Westie Hebdomadaire + épilation manuelle périodique Peigne, couteau à épiler

Quelques principes valables pour tous : brossez toujours dans le sens du poil, en soulevant les couches pour atteindre le sous-poil ; travaillez sur un chien sec ; procédez par séances courtes plutôt que par une longue séance mal vécue ; et arrêtez-vous immédiatement si le chien manifeste de la douleur, car une zone douloureuse au brossage est en soi un motif d'examen.

Alimentation et qualité du pelage

Le renouvellement du poil consomme une part importante des protéines et des micronutriments qu'un chien ingère chaque jour. Une alimentation complète et adaptée n'empêchera pas la mue, qui est physiologique, mais elle conditionne directement la brillance, la résistance et la vitesse de repousse du poil.

Les éléments qui comptent le plus sont les protéines animales digestibles, qui fournissent les acides aminés soufrés constitutifs de la kératine, les acides gras essentiels des familles oméga-3 et oméga-6, qui entretiennent la barrière cutanée et limitent la sécheresse, et quelques oligo-éléments et vitamines comme le zinc, le cuivre, la vitamine E et la biotine. Un aliment industriel complet de bonne qualité couvre normalement ces besoins, sans qu'il soit nécessaire d'y ajouter quoi que ce soit.

⚠️ Compléments alimentaires : prudence Ajouter de l'huile ou un complément « spécial pelage » n'est pas anodin. Un excès de matières grasses déséquilibre la ration et fait grossir, certains minéraux entrent en compétition entre eux, et une supplémentation prolongée peut masquer temporairement un problème médical sous-jacent sans le traiter. Demandez l'avis de votre vétérinaire, en particulier si votre chien reçoit déjà un traitement. Pour construire une ration cohérente, voir notre guide alimentation du chien et notre comparatif des meilleures croquettes.

Un point souvent négligé : une amélioration alimentaire ne se juge pas en une semaine. Le poil déjà poussé ne changera pas de qualité. Il faut attendre qu'un cycle complet se déroule, soit généralement six à dix semaines, avant d'évaluer un effet sur le pelage. Si rien ne bouge après deux mois de ration correcte, la piste nutritionnelle n'est probablement pas la bonne et il faut chercher ailleurs.

Les erreurs fréquentes à éviter

✂️ Tondre un chien à double pelage

Le sous-poil protège aussi du soleil et de la chaleur. La tonte expose la peau, augmente le risque de coup de soleil et peut entraîner une repousse anormale durable. Réservez-la aux indications médicales.

🚿 Multiplier les shampoings

Un lavage trop fréquent, ou avec un produit non adapté, délipide la peau, l'assèche et entretient les démangeaisons. Espacez les bains et utilisez uniquement des produits formulés pour le chien.

🧴 Appliquer un produit humain

Le pH de la peau du chien diffère de celui de la peau humaine. Shampoings, crèmes et huiles essentielles destinés aux humains peuvent provoquer irritations et intoxications.

💊 Traiter à l'aveugle

Utiliser un reste de traitement d'un précédent épisode, ou un produit conseillé sur un forum, peut aggraver une teigne, masquer une démodécie et compromettre le diagnostic. Aucun protocole ne doit être improvisé.

⏳ Attendre que ça passe

Une dermatose non traitée s'installe : la peau s'épaissit, s'infecte et le prurit devient auto-entretenu. Plus la prise en charge est précoce, plus elle est simple.

🐕 Oublier les autres animaux

Puces et teigne circulent dans le foyer. Traiter un seul animal, ou négliger l'environnement, garantit la récidive à court terme.

✅ Bon signe Votre chien perd beaucoup de poils au printemps ou à l'automne, la peau dessous est propre et souple, de nouveaux poils courts sont visibles à la racine, il ne se gratte pas plus que d'habitude, mange normalement et garde son entrain : il s'agit très probablement d'une mue. Brossez davantage, et parlez-en simplement lors de la prochaine visite de rappel vaccinal.

Questions fréquentes

Oui, tous les chiens renouvellent leur pelage en permanence. La mue saisonnière, au printemps et à l'automne, est normale et concerne surtout les races à double pelage. Les races dites hypoallergéniques comme le Caniche, le Bichon ou le Maltais perdent très peu de poils : leur poil pousse en continu au lieu de tomber, ce qui impose en revanche un toilettage et une tonte réguliers.
Une chute de poils en plaques nettes n'est pas une mue et justifie une consultation vétérinaire, sans caractère d'urgence si l'état général est bon. Les pistes les plus fréquentes sont la démodécie, la teigne, une pyodermite bactérienne ou une réaction allergique localisée. Le diagnostic passe généralement par un raclage cutané et parfois une culture fongique : aucun traitement ne doit être commencé à l'aveugle, car les produits utiles dans un cas peuvent aggraver l'autre.
Le brossage est de loin le geste le plus efficace : quotidien pendant les pics de mue, avec un outil adapté au type de pelage, il retire le sous-poil mort avant qu'il ne se retrouve sur vos vêtements. Une alimentation complète et équilibrée, apportant suffisamment d'acides gras essentiels, améliore aussi la qualité du poil. Un bain au milieu de la mue peut aider à décrocher le sous-poil, à condition de bien sécher et de brosser ensuite.
Oui, un stress chronique peut perturber le cycle de croissance du poil et provoquer une chute diffuse plus abondante que d'habitude. Elle s'accompagne souvent d'autres signaux : léchage excessif d'une zone, comportements répétitifs, sommeil perturbé, appétit modifié. Le stress reste toutefois un diagnostic que l'on retient après avoir écarté les causes médicales, jamais avant.
Non, sauf indication médicale posée par un vétérinaire. Chez un Husky, un Malamute, un Samoyède ou un Berger allemand, le pelage joue un rôle d'isolant dans les deux sens : il protège du froid mais aussi du rayonnement solaire. La tonte supprime cette protection, expose la peau aux coups de soleil et peut entraîner une repousse anormale ou très lente. Pour aider un chien à supporter la chaleur, on privilégie l'ombre, l'eau fraîche et un brossage intensif du sous-poil.
Une mue saisonnière dure généralement de deux à six semaines, avec un pic de quelques jours où la quantité de poils perdus impressionne. Les chiens vivant en intérieur, exposés à un éclairage et à une température artificiels, muent souvent de façon plus étalée et moins marquée, parfois toute l'année. Une chute qui se prolonge au-delà de deux mois, ou qui laisse des zones dégarnies sans repousse, mérite un avis vétérinaire.
C'est plutôt rassurant sur le plan du confort immédiat, mais ce n'est pas un feu vert. L'absence de démangeaison éloigne les pistes parasitaires et allergiques, mais elle est justement caractéristique des causes hormonales comme l'hypothyroïdie ou le syndrome de Cushing, qui provoquent une alopécie symétrique sans grattage. Une chute de poils non prurigineuse et symétrique sur les flancs mérite donc un bilan, surtout si elle s'accompagne d'un changement de poids, de comportement ou de soif.
ℹ️ Cet article n'est pas un diagnostic Les informations réunies ici ont une visée pédagogique : elles vous aident à observer utilement votre chien et à préparer votre consultation. Elles ne remplacent en aucun cas l'examen clinique et les analyses d'un vétérinaire, seul habilité à poser un diagnostic et à prescrire un traitement.
Greg, fondateur de Chiens.top
Greg Auteur Plus de 20 ans d'expérience canine 🏆 Mondial IFR 2012 & 2014

Passionné de chiens depuis plus de 20 ans. J'ai participé aux championnats du monde IFR à Barcelone (2012) et Vicence (2014) avec mon Rottweiler Frost Von Cadurcorum. J'ai fondé Chiens.top pour partager une information canine fiable, pratique et bienveillante — rédigée par quelqu'un qui vit avec des chiens de caractère depuis toujours.

Voir le profil complet de Greg →